• Maquille âge ?

    Précedemment : Un peu d'histoire du maquille age

    Je suis face à mon miroir sans tain, que vois-je pour l’avenir ?

     Acte IV : Acte chirurgical.  Après le « maquille-âge » la médecine anti-âge.

    Anne Camilli a insisté sur ce point lors de notre entretien : la cosmétique fait appel à des chercheurs, pharmaciens, médecins, biologistes, physiciens sans oublier les artistes, designers et professionnels de l’art. La jeune femme fut surprise lors de ses rencontres dans cet univers de la cosmétique. Elle avoue n’avoir croisé que des passionnés : « de l’ouvrier au patron, tous, vraiment tous, avaient cette fibre, cette passion pour le métier. Et cela m’a marquée, car je ne l’ai pas constaté cela dans tous les métiers ».

    Oui, la beauté s’est médicalisée, voir rationnalisée et un nouveau type de médecine est apparu : la « 
    médecine morphologique et anti-âge », ainsi que la chirurgie esthétique.
    D’ailleurs, l’association des termes « anti-âge » et « médecine », « esthétique » et « chirurgie », soulignent la façon dont la beauté du corps s’est médicalisée. Jadis on s’en remettait à l’esthéticienne, maintenant à son chirurgien. La beauté idéale a même été mesurée.
    En revanche, si l’on a recours à son médecin ou chirurgien pour « améliorer » sa beauté, surtout comme disent les patient(e) s « il faut que cela fasse naturel ». Et voilà que l’aiguille pointe le paradoxe : les laboratoires ont effectué des années de recherches pour concevoir des produits injectables extrêmement sophistiqués, tout comme les outils et techniques d’injections, qui  vont permettre de donner un aspect « naturel », bref de la « sophistication naturelle » ou encore du naturel sophistiqué…Il est en de même pour le maquillage et la fameuse tendance du Nude. Donner l’illusion que l’on est à nu, sans maquillage, alors que c’est tout le contraire. Royaume de l’illusion.  L’illusion comme maître mot.

    Et puis, après les fronts sans expression, les lèvres de canard, ou pour résumer le culte du lisse, voilà que le « repulp-âge » a pris du poids : on demande un visage plus rebondi, offrant une expression plus jeune. Mais attention, le visage seulement, le corps doit demeurer svelte et musclé. Depuis quelques temps, la quête de l’uniformité du teint, du sans tâche, et surtout de la lumière s’engouffre dans les publicités, s’immisce dans les seringues. On fabrique des produits injectables qui permettent à la peau de mieux accrocher la lumière. La peau se transforme en tissu de Soi que l’on se doit de parfaire, la  recherche de la perfection du teint s’est appliquée sur le culte de l’anti-ride, version fond de teint. (Par exemple : Redensity, des laboratoires Teoxane). L’ère du fond de teint injectable est-elle arrivée ?

    Alors apparaissent les mêmes têtes refaites, des corps clonés, et, parallèlement à cette uniformisation, les agences de mannequins recherchent « la gueule » : celui ou celle qui justement sera différent, parce que illustrant une beauté rare, autre. Et depuis quelques temps on remarque même des visages de seniors sur des publicités. Tiens, un premier pas vers  le  respect de la vieillesse ? Ou vers une population ayant un joli pouvoir d’achat ?

    Et à tout cela s’ajoute la crise, la guerre pour obtenir un emploi et le conserver. Souvent, dans les salles d’attente, les femmes m’ont confié leur désarroi quotidien lorsqu’elles essuient les remarques insidieuses : «  Tu m’as bien l’air fatigué en ce moment » ou « tu as des cernes, t’es sûre que tu pourras assurer ? ». Oui, la médecine « anti-âge » soigne l’image des travailleurs, oui la médecine « anti-âge » aura bientôt droit à sa ligne sur le CV.

    Comme je l’ai souvent écrit, les cosmétiques, le domaine de l’esthétique est une passion qui a donné naissance à ce blog, mais avec l’idée de prendre soin de soi, car en prenant soin de soi, on sait aussi prendre soin des autres. Savoir se prodiguer des soins, c’est être aimant, aimable avec soi, et donc avec les autres, peut-être un chemin vers le respect. Et ce n’est pas un hasard si la cosmétique entre dans les hôpitaux pour aider les malades. Citons l’onco-esthétique issue de la socio-esthétique, car aujourd’hui, nous avons des socio-esthéticiennes.

    Ce qui pose la question de la superficialité : s’occuper de soi dans sa salle de bains, se maquiller, alors est-ce si superficiel ?

    Rendez-vous pour une suite et une beauté digitale ici : Un peu d'éternité pour être belle


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